20 minutes – Les crèches en mal de bras veulent des hommes – Suisse

 

«On se fiche parfois de moi quand je parle de mon métier», a confié un éducateur à la «Schweiz am Sonntag». Mais il y a pire que les railleries. Le cas d’un stagiaire saint-gallois de 16 ans, renvoyé pour des soupçons d’attouchements («20 minutes» du 22 juillet), montre la difficulté pour un homme de travailler avec de petits enfants. Même si le jeune homme a été blanchi, ses collègues masculins ont décidé de démissionner, par peur de subir le même sort.

Accusé par le journaliste de Mediapart de faire la «guerre aux musulmans», le journal satirique a réagi considérant cette phrase comme un «appel au meurtre».

Une autre solution serait de recruter à l’étranger, comme cela se fait à Zurich. Quand elle a ouvert plusieurs centaines de places, l’an dernier, la Ville n’a pas hésité à faire appel à des frontaliers, voire à des expatriés allemands. Mais la votation du 9 février contre l’immigration de masse risque de tarir cette source. Avec quelque 34500 places de crèche à temps plein et les 69 000 places d’accueil parascolaire, l’éducation suisse a besoin de bras, et vite!

Comme cette situation touche tout le pays, la faîtière des crèches, Kibesuisse, a lancé une campagne de recrutement focalisée sur les hommes. Grâce à des affiches et à des stands dans les foires aux métiers, elle espère faire augmenter la proportion de mâles dans la branche, qui varie entre 3 et 8%, selon l’association. Mais ces efforts ne suffiront peut-être pas: «Le salaire est faible (ndlr: entre 3900 et 4300 fr. par mois) et le travail peu reconnu. C’est en outre une profession exigeante physiquement et mentalement», explique Stefanie Knocks, de Kibesuisse. Sans compter le rapport, perçu comme délicat, entre homme et enfant. D’où un réel besoin de revaloriser ce travail.

«Il n’y a pas si longtemps, on croulait sous les CV. Aujourd’hui, on manque de personnel qualifié», a confié Jeannette Good, directrice de l’association de crèches ABB, qui fédère 15 lieux d’accueil en Suisse alémanique, à la «Schweiz am Sonntag».

 

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