Boris Cyrulnik. Le neuropsychiatre à Quimper le 16 novembre | Le Télégramme

Pour le bon développement du petit enfant, vous parlez de la nécessité d’une niche sensorielle ?
Notre culture avait séparé le cerveau et le contexte affectif et verbal. Or on se rend compte que c’est une fausse séparation. Le cerveau est stimulé par les interactions verbales et comportementales de la niche sensorielle. Si un bébé est isolé soit parce qu’on ne s’en occupe pas, soit parce qu’on s’en occupe sans parole, il y a un appauvrissement sensoriel. Le cerveau est moins stimulé et on constate des diminutions de fonctions de certaines zones cérébrales et même une apparence d’atrophie cérébrale. Lorsqu’on joue avec un enfant, dans sa petite mémoire, il apprend à anticiper. On va jouer avec lui, on va sourire, on va parler, et il anticipe. Ses deux lobes préfrontaux s’allument, c’est-à-dire consomment de l’énergie que l’ordinateur traduit en couleur rouge et on voit que le cerveau est stimulé exactement comme un muscle qu’on entraîne. Sauf que là, il n’y a pas de protides mais essentiellement des glucides et les lipides. Lorsque la mère ou la personne qui donne des soins est déprimée parce qu’il y a un malheur dans son enfance, dans sa famille ou parce qu’il y a un conflit conjugal, une précarité sociale, elle pense à autre chose. Elle fait son devoir mais la niche sensorielle est appauvrie.

 

 

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