Du printemps des crèches à L’aube des sens

Ce qu’on a appelé, après Mai 68, « le printemps des crèches» recouvre en réalité un véritable foisonnement d’idées, étroitement lié à la libération de la parole entre des niveaux hiérarchiques et administratifs jusqu’ici hermétiques, et entre les parents et le personnel. Qu’on en juge : les sections, à l’origine de tant de ruptures précoces de vie pour l’enfant, sont décloisonnées ; l’univers médicalisé de la crèche, jusque dans l’habillement des enfants, est aboli ; des espaces de jeux plus intimes sont partout aménagés, les terrasses ou les jardins se remplissent d’équipements gais et stimulants. On reconnaît enfin qu’une collectivité de jeunes enfants exige des personnels formés à leurs besoins. Des auxiliaires de puériculture, des jardinières d’enfants – devenues un peu plus tard éducatrices de jeunes enfants –, sont engagées, conférant tout leur sens aux travaux d’Irène Lézine et à une « psychopédagogie du premier âge » spécifique, qui précédait enfin la pédagogie des écoles maternelles et des jardins d’enfants, respectant une approche du développement plus adaptée aux tout-petits !

Extrait de : Rapoport Danielle, « Du printemps des crèches à L’aube des sens », Spirale, 2011/1 (n° 57), p. 45-52. DOI : 10.3917/spi.057.0045. URL : https://www.cairn.info/revue-spirale-2011-1-page-45.htm

 

Cyrille Godfroy

Éducateur de Jeunes Enfants, Coordinateur Petite Enfance d'une collectivité

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